Endométriose:mon merveilleux malheur

Endométriose, un mot dur, une maladie silencieuse, une épreuve, un combat je dirais même.

Cet article sera long et je vous remercie d’ores et déjà pour le temps que vous passerez à le lire et le partager. Ce texte est mon vécu et mon expérience, douloureuse. Le texte qui va suivre et certaines images peuvent ne pas convenir aux personnes les plus sensibles.

Je l’écris dans le but de mettre des mots sur ce que j’ai subi, pour aider d’autres et pour mettre la lumière sur cette saloperie et l’errance médicale qui la concerne. Merci de respecter ce vécu.

A l’heure où j’écris ces mots, cela fait 24 heures que j’ai subi une énième opération. Oui je l’ai subie, comme j’ai subi tout le reste depuis de nombreuses années.

A l’heure où j’écris, je me sens perdue, en colère et j’ai peur, et j’ai tellement mal: comme si tout me retombait dessus, tout ce que j’ai gardé et enduré.

Prise au piège, sans savoir si là tout de suite je vais enfin être libérée.

Alors j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et d’attirer l’attention sur une réalité, même si ça va de pair avec le fait de m’exposer à la critique.

Je décide de prendre la parole en tant que femme ayant souffert et subi, une femme n’ayant pas été écoutée et qui a été jugée et abandonnée.
Je décide de dénoncer, d’ énoncer, de poser une trace pour que cela n’arrive pas ou plus à d’autres femmes, même si je sais que dans la réalité il y a encore un énorme chemin à parcourir.
Je décide de faire quelque chose à mon niveau. Si je touche une seule personne qui parlera de cette maladie à une femme qui elle aussi est en phase de douleur et non écoutée et si cela permet une seule prise en charge précoce, j’aurai servi à quelque chose.

coelioscopie cure endométriose

Endométriose phase 1:Un jour je suis devenue une femme

Lorsque j’étais gamine, j’étais fascinée par la maternité. Je trouvais cela tellement magique, merveilleux. Le fait de pouvoir fabriquer un bébé et de le faire naître. Lorsque je me rendais à la consultation pédiatrique avec mes parents, je passais mon temps à embêter les mamans. Mon rêve à moi c’était de devenir grande et de faire des bébés.

Un jour, j’avais 10 ans, on venait de déménager  à l’étranger car ma santé était fragile. Je me suis réveillée avec une douleur lancinante dans le bas du ventre, de la fièvre, l’envie de vômir. J’ai eu eu mal à me lever de mon lit et lorsque je suis arrivée aux toilettes je me suis rendue compte que j’étais devenue une femme.

J’étais à la fois heureuse de devenir cette chose sacrée capable de donner la vie, mais en même temps inquiète vis-à-vis de la douleur que je ressentais. Je pensais que c’était normal, j’avais toujours entendu dire que les premières règles étaient douloureuses et je ne me suis pas inquiétée mais j’ai mal vécu mes premiers cycles: douleurs intenses systématiques au point de manquer les cours, de la fièvre, l’impossibilité de marcher correctement.
De la fatigue très intense, nausées fortes.
En voyant que cela ne passait pas, ma mère a décidé de me faire suivre par une gynéco en rentrant en été en Belgique.

Le premier contact avec cette femme a été écoeurant: alors on a pas envie d’aller  à l’école jeune fille!  Cela a été sa première phrase envers moi. Elle a serré la main de ma mère et m’a lancé ses paroles. Pourtant j’adorais l’école. Elle a demandé à ma mère de parler de mon état, comme si je n’existait pas. Elle m’a ensuite menacée de me faire une écho vaginale, comme si j’étais allée chez elle pour obtenir un certificat pendant les vacances…
Elle a réalisé une échographie à la demande de ma mère convaincue que je ne faisais pas semblant. Ha… oui… je vois… vos ovaires sont remplis de kystes, c’est pour ça que c’est douloureux. Et hop une première pilule dans ma gueule et un renvoi à la maison.

Madame Boucher si tu me lis, j’espère que tu auras eu ton retour de karma….

Je suis devenue une femme comme ça, et ce n’était pas magique.

Les années sous pilules ont été chaotiques, toujours ces règles douloureuses, ces caillots à aller chercher au doigt, de la fièvre, des changements de pilule constant car aucune ne convenait ou ne réglait mes douleurs. A chaque fois on me disait que j’avais un cycle difficile, que c’était à cause de mon syndrome de Stein Leventhal, mais jeune et vierge personne n’a voulu prendre une chirurgie en charge.

J’ai commencé à prendre du poids, à avoir de la pilosité sur le visage et de l’acné. Plus des cycles irréguliers très douloureux.
En retenant les mots du gynéco: vous êtes mariée avec cette chose jusqu’à votre ménopause. Il m’a aussi dit à 17 ans; ne tardez  à faire des enfants  car votre cycle semble compliqué à gérer.

Je me suis faite une raison, ce que je pensais être une merveilleuse aventure de petite fille, ne le serait pas. J’allais avoir mal et vivre avec ça.

Je n’ai plus consulté et j’ai subi les douleurs. Deux ou trois jours avant mes règles, pendant mes règles et quelques jours après celles-ci. Qui pouvaient arriver n’importe quand. 3 fois sur le mois ou une fois tous les 3 mois. Et pendant les rapports sexuels.

Endométriose phase 2: Je suis devenue maman

Ensuite je suis devenue maman, deux fois en l’espace de 22 mois. Et je remercie la vie de m’avoir bénie de cette expérience, car j’ai eu de la chance, où d’autres essaient pendant des années en vain.

Pendant mes grossesses, j’ai été soulagée de ces douleurs atroces. Je me suis sentie revivre un peu.
Mais j’avais accumulé douleurs et fatigues pendant tellement d’années que je suis tombée dans un état de burn out dépression profonde. Et les douleurs sont revenues à mon retour de couches.

De façon tellement intense que je pensais que je pourrais crever. J’ai décidé de revoir un énième gynéco qui m’a prescrit un implant contraceptif pour éviter les règles, sans chercher plus loin la cause. La première année a été assez cool, plus de règles et des douleurs faibles. J’ai même repris un travail  temps plein. La deuxième année retour des saignements intempestifs et des douleurs à n’importe quel moment. Le gynéco décide d’enlever l’implant à la fin de la deuxième année. Il me re-prescrit une pilule qui ne m’aide pas et je décide de frapper la porte d’un autre gynécologue.

Endométriose phase 3: Quand tout bascule, l’enfer commence

Le gynécologue va me proposer de placer un stérilet Mirena. Il décide de le faire à son cabinet privé. Impossible  à mettre en place, je suis prise de douleurs lancinantes et je saigne de façon abondante.
Il me garde une heure au cabinet, me rend le stérilet me dit de passer aux urgences de l’hôpital dans lequel il travaille si ça ne va pas.
Il me renvoie à la maison avec du buscopan. Je me sens mal moralement et physiquement, je rentre tant bien que mal seule en transports en commun.

Les 3 semaines après cet épisode je suis clouée dans le canapé avec des douleurs insupportables. Elles finissent par s’estomper. Mon entourage pense alors que j’en fais tout un plat, que les règles c’est pas si douloureux que ça, que je devrais reprendre le travail parce que je suis une chômeuse feignante. Ajoutez la douleur morale à la douleur physique. Et cette culpabilité qui me fait plonger dans la dépression de plus en plus fort.

Quelques mois plus tard, je me sens mal, je monte prendre une douche. Je suis obligée de demander à mon compagnon de venir près de moi, je saigne tellement que je fais un malaise et je m’effondre.

Je suis emmenée d’urgence à la clinique et il s’avère que je suis enceinte et que je fais une fausse couche. L’embryon ne sortant pas, on me renvoie à la maison avec un médicament qui fera en sorte que cet enfant  » passe ». Je reviens 15 heures plus tard aux urgences. On  a commencé par un curetage à vif, je me suis effondré de douleur sous les yeux de mon compagnon qui exige une anesthésie.

Les 5 années suivantes ont été une agonie lente. Des douleurs permanentes dans le bas ventre, des règles chaotiques, des rapports sexuels douloureux que je n’osais pas avouer à mon compagnon qui a fini par comprendre que je souffrais. De la fatigue chronique. De la culpabilité à ne pas pouvoir mener une vie normale et ne pas pouvoir subvenir aux besoins de ma famille correctement.

J’ai entendu les phrases suivantes à de nombreuses reprises, lorsque je tentais de voir un nouveau médecin:

Les règles sont douloureuses, il faut vous y faire, comme toutes les autres femmes.
Une douleur pareille c’est impossible, madame c’est dans votre tête, vous savez le mental est puissant.
Je vous conseille de consulter un psychologue ou un psychiatre pour une prise en charge car vous êtes hypocondriaque.
C’est peut-être vos intestins, c’est une crise de pierre au reins ( ha non pas de pierre), vous faites de la spasmopholie.

J’ai sombré….

 

Chaque passage aux urgences était un choc. On ne trouvait pas la cause.
Ils ont réussi à me persuader que j’étais dingue, que toutes ces douleurs étaient générées par moi et pas par une maladie ou une cause extérieure.

 

Endométriose phase 4: je te découvre et j’ai peur

Je sombre, je souffre, je culpabilise.
Je tente tant bien que mal à aller travailler chaque jour. Mais les douleurs, la fatigue sont présentes. Je commence à être en colère, je consulte un psychologue qui me juge saine d’esprit et qui me dit que je dois continuer à trouver la cause de mes douleurs car il pense que je ne suis absolument pas hypocondriaque mais en grande souffrance.
Je commence alors à chercher des pistes sur le net, je lis beaucoup et un jour je tombe sur le témoignage d’une femme qui parle d’endométriose, je la contacte et je me rend compte qu’elle a exactement les mêmes douleurs, sensations, vécu.
Ensuite je cherche un spécialiste dans ma région sans savoir s’il pourra m’aider.

J’ai peur parce que plus je me renseigne, plus je me rend compte que je vais devoir me battre et être forte, parce ce que si je suis bien atteinte de cette maladie, ça va être un long combat.

Je consulte en ayant très mal. Tellement mal que je pense de temps en temps au suicide, parce que je suis usée. Mais dès que ces idées noires m’arrivent, je lutte. Oui je lutte car je ne peux pas être égoïstes et priver mes enfants de leur maman, mon compagnon de son amour, ma mère de sa fille et me priver moi de tout ce qu’il me reste à vivre.

Mais j’y pense en me disant que ce serait tellement bon et apaisant de juste pouvoir m’endormir et ne plus me réveiller, car cela calmerait la douleur.

Endométriose phase 5: le diagnostic tombe et j’ai encore plus peur

Je consulte un spécialiste de l’endométriose dans ma région sur conseil d’une personne sur un groupe.
Il m’écoute attentivement, il réalise une échographie endo-vaginale et semble inquiet. Il ne me cache pas qu’il pense que je suis atteinte d’endométriose et qu’au vu du temps passé à souffrir il espère qu’elle n’est pas trop profonde. Il me met sous pilule progestative en continu pour endormir et refroidir l’endométriose. Car il est déconseillé d’opérer en période agressive. Cela m’évitera aussi d’être réglée.

Il prévoit une opération 3 semaines plus tard. Il m’opère sous coelioscopie, il me confirme que je suis bien atteinte d’une endométriose mais ne rentre pas dans des détails, je récupère à la maison tout en gardant malgré tout des douleurs persistantes.
Ensuite elles commencent à s’estomper au fur et à mesure des mois. Je ne suis plus réglée car la pilule semble faire effet. Je suis partiellement soulagée. En voulant revoir le médecin car 4 mois plus tard j’ai mal, j’apprend qu’il a arrêté son activité.
Je cherche un autre spécialiste, auprès duquel j’ obtiens un rendez-vous 3 mois plus tard.

Je lui explique mes douleurs qui redeviennent ingérables, les insomnies, et la fièvre qui ne me quitte pas depuis 1 année. Il refait une écho vaginale et semble inquiet.Le médecin prévoit un Irm, que je passe.

Je le revois et il me dit que je suis atteinte d’une forme profonde d’endométriose, que celle-ci s’est logée partout dans mon abdomen et qu’il ne comprend pas comment j’ai pu vivre  » comme ça » sans me foutre en l’air.  Il prévoit une opération un mois et demi plus tard.

J’arrive par les urgences un jour en ayant téléphoné dans son service avant.
Parce que j’en pouvais plus, en pleines règles hémorragiques je sors des caillots énormes qui sont au delà de ce que je peux tolérer. Malgré la pilule en continu.

Je dis à mon compagnon: soit on m’aide tout de suite soit je fais en sorte de partir et ne plus souffrir.

Le médecin se rend compte que je suis au bout du rouleau. Il m’hospitalise pour me surveiller.
On me met sous anti-inflammatoires et antalgiques puissants, on m’emmène pour un curetage car les caillots sont nombreux. Je passe mon anniversaire en clinique. Je me sens écoutée, enfin! Mais je me sens triste et je pleure énormément. Je perd beaucoup de sang, on me met deux poches de sang pour récupérer.

Pendant ce mois d’attente, je passe par un tas d’émotions: la libération, savoir que je n’étais  pas folle. La colère, pourquoi ais-je été étiquetée de la sorte et abandonnée alors que je hurlait à l’aide? La culpabilité, pourquoi ne me suis-je pas battue plus pour me faire entendre?

Et ensuite, mes règles arrivent malgré tout. Même schéma, le médecin me met alors sous morphine, il me reste 2 semaines avant l’hospitalisation.

Début juin j’entre pour mon opération. Je suis stressée.
Lorsque je me réveille en salle de réveil, je ne me sens pas bien du tout et j’ai très mal partout. Je vois l’horloge aussi et je stresse: partie en salle d’opération avant  8 heures il est passé 15h. Pourquoi suis-je restée aussi longtemps, l’infirmière me confirme que je suis restée plus de 6 heures en salle d’opération et que je dois me reposer.

Je remonte dans ma chambre, je préviens mon compagnon. J’ai super mal et je me demande ce qui m’est arrivé.
Le médecin passe me voir: il m’explique que je suis bien atteinte d’une endométriose profonde et que le stade 4 est pour lui largement dépassé.

Atteinte à tout l’abdomen ainsi que vessie et intestins et atteinte digestive. Les nodules étaient nombreux, fibreux et formant une boule qui a solidarisé plusieurs organes. Il m’a curetée et m’a retiré les trompes. Il me dit que j’ai été courageuse mais que cette fois j’étais prise en charge et que tout se passerait bien.

Je passe par un tas d’émotions: c’est dur, tout me tombe dessus. Le post opération est douloureux mais je me remet assez vite. Les douleurs s’estompent, la fièvre disparaît. Je me sens heureuse mais fatiguée de toute ces années de douleurs. Mon compagnon semble apaisé.  Fin septembre je lui dis combien je suis heureuse de me sentir à nouveau  » bien ». Même si j’ai ds petites poussées de douleur de temps en temps.

Endométriose phase 6: la rechute

Début octobre 2017 les douleurs reviennent. Je pleure et je déprime un peu. Je décide d’attendre un peu et voir comment cela évolue.
Novembre les règles sont de retours et douloureuses, très douloureuses. Décembre je revois mon spécialiste. Il passe une écho vaginale et me dit d’être patiente.
Janvier je le revois, il me dit clairement que vu l’opération que j’ai eue et la mise sous pilule progestative en continu: il est impossible que l’endométriose soit à nouveau de retour si vite. Il me renvoie à la maison en me demandant juste de consulter un spécialiste des maladies tropicales car la fièvre est de retour.  Les examens en hospitalisation ne donnent rien. On me mentionne que c’est une fièvre réactionnelle, à quoi on n’en sait rien.
Je demande à revoir l’infirmière en gestion de la douleur parce que j’ai de nouveau beaucoup de mal à gérer. Elle me dit que je dois continuer à être forte. Qu’avec la naturopathie, les huiles essentielles, la sophrologie et la méditation que je fais, cela devrait bien se passer.
On me renvoie chez moi fin janvier avec mes questions et mes douleurs et ma fièvre persistante.

Je me sens à nouveau non écoutée, et en colère: merde je connais mon corps! 

Février, mars: douleurs persistantes et lancinantes, insomnies, ventre dur et gonflé. Mon compagnon me pousse à demander un deuxième avis car il voit que je sombre à nouveau.  Je décide de changer et de me tourner vers un autre centre dédié à l’endométriose qui se trouve à presque deux heures de chez moi. Il réalise cette putain d’écho vaginale et il me dit que mon utérus semble en mauvaise forme et me prescrit un irm.
Il me dit qu’avec cette forme d utérus et ses dimensions il est persuadé que je fais et une récidive d’endométriose mais qu’il est persuadé que je suis atteinte d’adénomyose, la forme d’endométriose interne à l’utérus. D’où les contractions permanentes depuis des années et certains types de douleurs.

Après cette échographie, je suis prise de douleurs intenses. Je rentre chez moi en voiture en 3 étapes.
Le lendemain je suis prise de douleurs violentes et 48 heures plus tard j’atterri aux urgences. On me met sous morphine.  Je contacte le spécialiste qui avance la date de l’ irm et de l’opération.
Lorsque je le revois, il me confirme que je suis bien atteinte d’adénomyose à un point dégueulasse, m’annonce que mon spécialiste précédent aurait du l’enlever, car l’année passée l’adénomyose était déjà bien présente, vu l’état de mon utérus. Et il m’annonce que je fais bien une récidive de l’endométriose et qu’il faut opérer vite. Il avance la date de l’opération au 4 mai au lieu de fin mai. 

Je suis à nouveau prise d’émotions diverses et de questions:

Pourquoi n’ais-je encore une fois pas été écoutée par un spécialiste connaissant notre souffrance?
Pourquoi faut-‘il se battre en permanence pour être prise en compte, pourquoi m’avoir caché une partie de ma maladie?
Pourquoi dois-je sans cesse subir au point d’être privée de mon utérus, de la source de ce qui as fait de moi et fait de moi une mère?
Cela me perturbe de façon assez violente.

Pendant les 3 semaines où j’attend l’opération je suis prise à plusieurs reprises de douleurs lancinantes et j’attéris aux urgences où on me met sous morphine. Ce temps d’attente est dur.

Aujourd’hui, nous sommes le 5 mai. Je vais retenir cette date.  Hier j’ai été opérée d’une forme agressive d’endométriose et d’adénomyose.
Je suis ce 5 mai, douloureux. Physiquement et mentalement. Je suis une femme malade. Une femme qui a été privée de nombreuses années d’une vie normale. Je suis cette femme qui a été abandonnée par la médecine, jugée. Une femme en colère et je crève de mal merde….

hysterectomie avec drain

 

Je pense à ses milliers de femmes, qui comme moi, souffrent et sont dégagées vite fait des consultations où on leur dit sèchement qu’elles sont douillettes. Renvoyées vivre avec leur douleurs, leurs souffrance et leurs doute, à laquelle on ajoute du dédain qui va engendrer la culpabilité.

Je suis une seule petite femme au milieu de ces milliers d’autres, qui n’ont pas eu la chance de pouvoir porter un enfant et qui sont privées de leur utérus. Je pleure pour elles et aussi pour moi.

Je suis une femme qui se bat pour que cette maladie soit connue, pour que des femmes puissent être diagnostiquées plus rapidement.

Je suis cette femme qui a hurlé et qui va continuer à hurler tant que la prise en charge ne sera pas optimale.

Oui je suis une femme, je souffre car je sais que ce combat n’est pas terminé, ni pour moi, ni pour les autres:  la maladie est chronique et hormono dépendante.

Je souffre de ce qu’on nomme ‘ le cancer dont on ne meurt pas’ : celui qui toque, qui griffe, qui poignarde, qui met à terre et dont il faut sans cesse se relever. Et pourtant je l’appelle mon merveilleux malheur.  Ce mal qui me ronge m’a rendue plus forte, plus battante. Ce mal m’a donné la possibilité de m’éveiller à plein de choses et à plein de merveilleuses femmes qui se battent avec moi, contre lui.

Je vais me battre, parler, partager pour aider toutes les autres. Mais avant je vais me reposer et récupérer de tout ce que j’ai vécu. Parce que je dois me préparer pour la suite. Ayant toujours mes ovaires, rien ne me garantit que cette saloperie est partie pour de bon.
Chaque femme qui pourra lire ce texte et qui se reconnaîtra, qui mettra un nom sur son mal, chaque personne qui sera prise en charge sera une victoire. Chaque femme qui lira ce texte et qui en parlera autour d’elle, qui le partagera pourra atteindre une femme malade en souffrance.

Je ne peux pas tolérer de continuer à voir des femmes devenir une ombre, je veux les voir vivre et rayonner.

corinne de leenheer

10 Comments

  • Nadège dit :

    Bravo pour votre témoignage. Cette maladie détruit la vie de nombreuses femmes incomprises. Si je peux vous apporter un peu de réconfort en vous disant que mon hystérectomie a changé ma vie après 18 ans de combat contre la maladie. Depuis 4ans je revis, même si la fatigue est toujours présente. Tout plein de courage à vous et je vous souhaite que le pire soit derrière vous.

  • Nora BIZEAU dit :

    Merci de partager ton parcours et merci de faire entendre ta voix pour qu’on soit toutes enfin entendues… Merci, mille fois merci… Surtout beaucoup de courage et de force pour continuer ce long chemin.

  • Sabine d'Ursel dit :

    Merci ! J’ai 25 ans et ça fait 10 ans que je cherche l’origine de mes douleurs… On n’écoute pas une ado de 15 ans et je me suis rendue compte qu’une jeune femme de 20 ans ou plus n’est pas tellement plus écoutée. Pendant 10 ans, on m’a dit que je me faisais des idées ou que c’était dermatologique ou psychologique… J’ai plusieurs fois abandonné ma recherche pour ne plus entendre ces mots et même après avoir entendu parler d’endométriose, il y a déjà 4 ans. Après avoir fait IRM, rien n’était visible et alors que je me sentais enfin écoutée par une gynéco inquiète, j’étais encore une fois de retour à la case départ. J’ai laisser deux ans et demi passer en prenant la pilule continue et me persuadant d’aller chez une dermato gynéco spécialisée qui m’a fait tenter une dizaine de traitements différents qui n’ont jamais fonctionné… Pour finir par revoir un documentaire sur l’endométriose et prendre rendez-vous dans un centre spécialisé contre l’avis de ma gynéco persuadée que je n’avais rien et j’ai enfin été diagnostiquée et opérée en janvier. Je me rends compte que le combat n’est pas fini et, parfois, je ne me sens plus capable de continuer. Mon corps s’adapte mal au changement de pilule proposé ou aux suites de l’opération, je ne sais pas trop. Je n’en peux plus de chercher et de me battre mais les témoignages que je découvre me redonne courage et me font sentir moins seule et surtout comprise. Alors MERCI !

  • Evelyne dit :

    Je vais le dire comme je le pense: bordel! il faut des couilles pour écrire ça! c’est intime et pourtant, moi qui n’aime pas le déballage de vie privée sur le web, je pense que ce texte là va changer des choses.
    Il va changer des choses parce qu’il parle d’un très gros souci sociétal, il parle de souffrances endurées.
    Tu es vraiment une femme très forte pour avoir « survécu » à tout ça!
    Et je vais le partager cet article, il doit être lu et partagé en masse!
    Tu penses aux autres alors que tu es au bord du gouffre et tu oses parler de tout ça pour que d’autres soient épargnées, t’es un ange sur terre!

  • Corinne dit :

    Coucou ma belle Julie, ma forte Julie, je me battrai toujours aussi pour toi et pour nous. Je pense fort à toi. Merci de me soutenir depuis 5 ans dans mon combat avec ton amour, ta bienveillance et ton petit côté pétillant qui redonne le peps. Je t’aime fort!

  • Corinne dit :

    Bonjour Céline, je vous remercie d’avoir laissé ce petit mot gentil à mon attention. Je vous envoie un nuage de bisous.

  • Corinne dit :

    Bonjour Vanessa, je vous remercie de me laisser ce petit mot, poster cet article a été quelque chose de difficile pour moi car c’était m’exposer entièrement sur le web.
    Je suis de tout coeur avec vous et je suis tellement désolée que la vie a fait le mauvais choix de vous priver de porter un enfant. Il y a heureusement d’autres possibilités, dans lesquelles j’espère vous trouverez un réconfort. Prenez soin de vous, relevez-vous et n’oubliez pas que la vie peut aussi être magique. Je vous envoie tout mon amour et un nuage d’ondes positives. Corinne

  • Vandenvelde vanessa dit :

    Bonjour,
    Je viens de vous lire, et vos mots mon marquer profondément ce que vous vivez et avez vécue je le vis aussi, je suis atteinte d’endometriose et d’adenomyose, cela a mis 10 ans avant de mettre le mot endometriose sur mon mal, j’ai subi 6 opérations et 8 fécondation in vitro et à l’heure d’aujourd’hui Il n’y a plus d’espoir pour que je sois maman un jour. Je suis âgée de 35 ans et cela m’a pris plusieurs années avant d’accepter tous ça, chaque jour on se relève comme on peut et on essaie de voir le positif mais j’avoue que c’est loin d’être facile. Je suis de tous coeur avec vous et vous envoi pleins d’onde positives

  • Céline dit :

    Bonjour.
    Je ne sais absolument pas quoi écrire en commentaire de cet article mais j’ai quand même envie de laisser un petit message.
    Merci de votre témoignage, jamais je n’aurais cru qu’on pouvait souffrir autant d’être une femme.
    Bravo pour votre force et votre courage.
    Bon rétablissement physique et émotionnel suite à cette opération.
    Céline

  • Julie bohant dit :

    Ma belle endoworking girl, comme tu es courageuse. Je continuerais de me battre à tes côtés pour toujours 😍
    💪 endogirl pas chochotte 💪

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *